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mai 2001

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Hépatite C: rôle du médecin généraliste

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Sujet hépatite C: rôle du médecin généraliste
Date  jeudi 17 mai 2001
Horaire  20 h 30
Lieu amphithéâtre A3, faculté de médecine RTH Laënnec, rue Guillaume Paradin
Entrée    gratuite pour les adhérents
Intervenants   François BAILLY, PH, service du Pr TREPO, Hôtel Dieu, Lyon

 

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L'infection par le virus de l'hépatite C touche, en France, 1,2% de la population soit 500 à 600. 000 personnes. Cette infection est souvent asymptomatique et, même si son évolution est parfois bénigne, elle peut aussi évoluer vers une cirrhose, se compliquer d'un carcinome hépatocellulaire et justifier la réalisation d'une transplantation hépatique.

Actuellement, l'incidence des nouvelles contaminations a beaucoup diminué mais bon nombre de patients contaminés, depuis parfois plusieurs décennies, ne sont pas encore dépistés.

La prise en charge de ces infections virales C a été initialement très largement hospitalière en raison de la nouveauté de la pathologie, de l'évolution très rapide des connaissances mais surtout en raison de thérapeutiques réservées initialement à l'usage hospitalier. Actuellement, les médecins généralistes et les spécialistes libéraux s'impliquent dans cette prise en charge et un suivi conjoint avec l'Hôpital paraît être une bonne solution pour la prise en charge de ces malades.

Le rôle du médecin généraliste dans la prise en charge de l'hépatite C s'articule autour de trois axes.

Le premier est, bien sûr, celui du dépistage où le rôle du médecin généraliste est prépondérant. Le dépistage est centré sur la recherche de situations à risque dans les antécédents des malades et deux situations rendent incontournable le dépistage sérologique : la transfusion de produit sanguin avant 1992 et l'injection de toxiques par voie intraveineuse.

La recherche et la prise en compte de ces antécédents, parfois très lointains, est souvent difficile et le médecin de famille est probablement le mieux placé pour réaliser ce dépistage.

Le deuxième axe est celui de l'accompagnement des malades durant les différentes étapes de la prise en charge. En effet, l'annonce d'une infection par le virus C est à l'origine d'une inquiétude légitime, souvent majorée par la succession des examens complémentaires et des consultations spécialisées nécessaires au bilan de l'infection. Dès le dépistage, des explications claires sur l'évolution de l'infection à VHC et sur les différentes étapes de la prise en charge peuvent permettre de minimiser les effets psychiques parfois très importants de l'annonce d'une maladie infectieuse chronique même si elle peut être bénigne.

Le troisième pôle essentiel est celui du suivi thérapeutique. En effet, les thérapeutiques antivirales disponibles actuellement dans l'hépatite C permettent une élimination virale dans près de 60 % des cas. Néanmoins, ces traitements qui font appel à une association d'INTERFERON et de RIBAVIRINE sont prescrits pendant des périodes de 6 à 12 mois et s'associent à des effets secondaires parfois sévères. Un suivi clinique et biologique régulier est indispensable pour assurer la sécurité des patients pendant ces traitements et par ailleurs, un soutien régulier du malade et de sa famille est souvent nécessaire afin que les traitements puissent être conduits à leur terme. Une visite mensuelle auprès du médecin généraliste paraît donc souhaitable pendant toute la durée du traitement tandis qu'un suivi spécialisé tous les trois à six mois est suffisant. Une collaboration efficace entre le généraliste le biologiste et l'hépatologue sera, par ailleurs, le garant d'une sécurité optimale pour le patient.

Au total, l'hépatite chronique C est une infection relativement fréquente dont le pronostic est très variable d'un sujet à l'autre. Un grand nombre de sujets, souvent asymptomatique et contaminé parfois depuis des années, reste à dépister et la recherche de facteurs de risques dans les antécédents est l'outil de dépistage le plus performant. L'efficacité des traitements antiviraux a beaucoup progressé au cours des dernières années mais leur tolérance demeure médiocre. Du dépistage au suivi thérapeutique, le rôle du médecin généraliste est très important pour expliquer la maladie et les examens complémentaires, dépister et traiter les effets secondaires des traitements, et soutenir les malades et leur entourage.

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